samedi 19 septembre 2009

1 Pierre 3,18 à 22

Christ, notre précédent :




Reprenant le thème de la souffrance injuste, souffrance qui, selon Pierre, doit être intégrée dans les possibilités de ce qui peut nous arriver lorsqu’on s’attache à faire le bien, Pierre en justifie l’idée par l’exemple même de ce que Jésus, Celui qui, par-dessus tout et tous, a fait le bien, a vécu. Quel que soit l’angle sous lequel nous regardons notre vie ici-bas d’enfant de Dieu, Christ est et sera toujours le Référent par excellence. Il n’y a en effet rien de ce que nous pouvons connaître et traverser ici-bas, en tant que disciple de Christ, qu’Il n’ait connu avant nous.



Commençant par ce point, Pierre profite de l’occasion qui lui est donnée ici de faire référence à la mort subie par Jésus pour le dépasser et nous entraîner dans le mystère de ce qui, sur le plan invisible, s’est aussi passé en ces jours là. Il nous enseigne ici plusieurs vérités qui, semble-t-il, ne se trouvent pas, en tout cas dites aussi clairement, ailleurs :



- Pierre rappelle sur quelles bases se sont opérées la mort et la résurrection de Jésus. Il a été mis à mort quant à la chair (le corps), et rendu vivant par l’Esprit. Ce que dit Pierre ici est la doctrine biblique, officielle, enseignée par tous les apôtres sur les faits qui, au sujet du Christ, se sont produits à Pâques : Rom 1,4



- Pierre rapporte que, dans cet état de Ressuscité, peut-être dans la période intermédiaire entre résurrection et ascension, le Christ est allé proclamer Sa victoire aux esprits rebelles et en prison, membres de la première humanité postérieure à Noé. Pour quelles raisons l’a-t-Il fait : l’apôtre ne le dit pas. La seule chose que l’on peut supposer et déduire ici est qu’il devait exister en quelque sorte une attente de confirmation de ce fait parmi cette catégorie de personnes, attente qui a pris fin à ce moment-là. Les rebelles, les incrédules, tout ceux qui, au temps de Noé, se sont montrés désobéissants à Dieu et rétifs à Son appel savent désormais que le sort qui les attend est désormais scellé.



- Pierre établit un parallèle spirituel fort entre ce qui s’est produit au temps de Noé, le déluge, l’arche du salut, et ce qui a cours pour nous et tous ceux de notre temps au travers du Christ. Le salut par l’arche au travers de l’eau est une figure, dit-il, du baptême qui nous sauve, baptême qui, cependant, n’a de sens que s’il s’accompagne de la réalité spirituelle qu’il illustre : l’engagement d’une bonne conscience avec Dieu par le résurrection du Christ. Autrement dit, la certitudes de notre justification par l’œuvre de la nouvelle naissance qui nous identifie à la mort et à la résurrection de Jésus : Rom 6,3-4.



La mort et la résurrection du Christ sonnent pour tous les hommes de tous les temps, tous les esprits et les puissances célestes comme le cri de la victoire totale et définitive de Dieu sur le monde, le péché et le diable. Soyons par nos vies et notre conduite les proclamateurs associés et les témoins dans les faits de cette victoire !

jeudi 17 septembre 2009

1 Pierre 3,13 à 17 : la force du bien

La force du bien




Toujours dans le cadre de la bonne conduite dont les chrétiens doivent faire preuve pour que le témoignage qu’ils rendent à Christ soit crédible, Pierre souligne le poids de paix et d’assurance que donne à l’enfant de Dieu le fait de savoir qu’il fait le bien. Faire le bien, dit l’apôtre, n’est pas sans incidence, à la fois pour celui qui le fait comme pour ceux qui en sont témoins :
- faire le bien ôte à ceux qui nous veulent du mal la justification de leurs actes : v 13
- faire le bien apporte à nos cœurs consolation et joie, alors même que nous devons souffrir pour lui : v 14
- faire le bien nécessite pour nous que nous privilégions la seigneurie de Christ dans nos cœurs : v 15. Si Christ n’est pas le Maître de nos coeurs et de nos pensées, non seulement nous ne pouvons poursuivre dans la voie du bien, mais nous nous engageons immédiatement dans celle du mal.
- Faire le bien nous oblige à manifester envers nos contradicteurs des attitudes empreintes des vertus chrétiennes : respect, douceur : v 16a. Faire le bien n’inclut pas seulement le faire, mais l’être. ce que je suis, la façon avec laquelle je me comporte compte dans le bien autant que ce que je fais ou dis.
- Faire le bien justifie celui qui le fait et conduit à la honte ceux qui le réprouvent : v 16b. Si nous justifiés par la foi devant Dieu, ce sont nos œuvres qui justifient notre foi devant les hommes.
- Faire le bien implique enfin que nous soyons prêts à souffrir injustement : v 17

Tirant la conclusion de ce point, Pierre dira que, quelles que soient les circonstances ou les conséquences, il est dans tous les cas toujours préférable au chrétien de faire le bien. Que ce mot d’ordre soit celui qui guide notre conduite aujourd’hui !

mercredi 16 septembre 2009

1 Pierre 3,8 à 12 : Amour et justice

Amour et justice


Toujours dans le contexte de la conduite dont doivent faire preuve les enfants de Dieu, Pierre énonce ici quelles sont les attitudes qui doivent prévaloir dans leurs relations fraternelles :

1. 1ère attitude : l’unité par l’amour.


Comme le montre aussi Paul en Ephés 4,1 à 3, seul l’amour fraternel, privilégié par-dessus tout, activement pratiqué dans les relations et le comportement envers les autres, a le pouvoir de garantir l’unité des croyants. Cette insistance sur l’amour, aussi bien par Pierre, Paul et Jean dans sa 1ère lettre, comme condition primordiale de l’unité, induit aussi l’idée que, sans lui, ce qui se trouve en nous ne peut à terme n’être que générateur de divisions, de déchirures et de séparations. Seul l’amour peut, contre vents et marées, assurer la cohésion d’une communauté, car lui seul a le pouvoir de soumettre les individualités au service de l’intérêt de tous. Sans lui, au contraire, la recherche de l’intérêt personnel et de la satisfaction de l’égo de chacun exerce une telle pression que les bonnes résolutions d’ordre communautaire n’y résistent pas.

Pour rendre concrète la primauté de l’amour, Pierre nous dit de quoi doivent être faits nos rapports en temps de paix comme de conflit :

- envers les frères : Pierre met en avant 4 qualités qui, toutes, contribuent à le favoriser : sensibilité, affection, bienveillance, humilité. Ces 4 vertus liées ensemble et pratiquées sont suffisantes pour, à elles seules, constituer la barrière de protection la plus efficace contre la division.

- Envers ceux du dehors : le refus d’utiliser les mêmes armes qu’eux (l’insulte, le mépris, la vengeance…), la décision, à l’exemple de Jésus : 2,23 de bénir. Pierre rappelle ici que la première victime de la haine est celui qui hait, non celui qui est haï. Soyons de ceux qui, par amour, sont libres de l’engrenage de la haine.

Que le Seigneur nous donne de vivre la grâce de voir produit en nous et parmi nous la primauté de l’amour sur toute autre considération.

2. 2ème attitude : l’attachement au bien et à la justice

Une recherche de justice et un attachement au bien que Pierre situe, en priorité dans le domaine des paroles. En accord avec Jacques (Jac 3,1 à 12), Pierre met le doigt sur ce qui, dans le domaine des relations fraternelles, est le plus à même d’occasionner des blessures parfois longues et durables : nos paroles : cf 2,1. Pierre, citant David dans le Psaume 34,13 à 17 y voit là, non seulement une garantie de l’unité fraternelle, mais une des conditions majeures à une vie heureuse et paisible, sous le regard favorable de Dieu.

Que Dieu grave en nous ce désir profond de la justice et de la paix comme moteur de nos relations avec Lui et entre nous !

mardi 15 septembre 2009

1 Pierre 3,1 à 7 : la vie conjugale des chrétiens

La vie conjugale des chrétiens


Toujours dans le domaine de la conduite, domaine qui, pour Pierre, est celui qui, par excellence, est l’argument le plus convaincant de la réalité de notre vie nouvelle face aux incroyants, l’apôtre aborde ici la question concrète de la vie conjugale des chrétiens. Quelles sont, en matière de conduite, les attitudes et le comportement que doivent développer épouse et époux face à leurs conjoints pour les gagner à Christ s’ils ne le sont pas où, s’ils le sont, être ensemble des témoins vivants de l’Evangile ?

1. Pour les épouses


Pierre leur donne deux recommandations ainsi que l’exemple d’un modèle à imiter :


1ère recommandation : la soumission à leurs maris. Comme dit plus haut, elle est, de leur part, le meilleur argument qui puisse les convaincre, si les maris ne sont pas au Seigneur, de la réalité de le puissance qu’Il opère dans la vie de ceux qui Le reçoivent. La soumission d’une femme chrétienne à son mari est préférable, vaut mieux que mille discours. C’est pourquoi l’apôtre préconise aux épouses que, plutôt que de chercher à gagner leurs maris par leurs discours, les épouses mettent l’accent sur leur attitude à leur égard. Rien n’est plus repoussant pour un mari non-croyant qu’une épouse qui le sermonne de se tourner vers le Christ, alors que, dans la vie, elle ne manifeste aucun signe de changement d’attitude. Avant d’y adhérer, les maris non-croyants ont besoin de voir Christ, la réalité de Sa présence et de Son action, dans la vie de leurs femmes ! Une vie qui reflète de manière concrète la transformation qu’opère Christ : telle est la priorité des priorités pour l’épouse chrétienne qui veut gagner son mari à son Seigneur.


2ème recommandation qui va dans le même sens : un accent mis sur la beauté intérieure plutôt qu’extérieure. Notons ici que Pierre n’interdit pas formellement la seconde. Comme il en est plus haut du contraste entre parole et conduite, Pierre dit ici que s’il y a, dans ce domaine, un accent à mettre, il doit être davantage porté sur ce qui est intérieur qu’extérieur. Cela se comprend facilement. Entre une femme bien pomponnée mais invivable ou une épouse agréable et sobre dans son apparence, tout mari honnête dira qu’il préférera vivre avec la seconde qu’avec la première. Si donc une épouse veut se faire belle pour son mari, Pierre l’encourage à miser davantage sur sa manière d’être intérieure avec lui plutôt que sur son apparence !


Pour appuyer ses dires, Pierre cite un exemple de l’Ancien Testament : celui de Sara, femme d’Abraham : cf Esaïe 51 ,2. Il rappelle, Bible en main, quelle était son attitude envers lui, le degré de sa soumission en évoquant le nom par lequel elle l’appelait : seigneur. La seule fois ainsi où Pierre utilise les paroles comme force de témoignage de l’épouse, c’est pour souligner que celles-ci ne sont utiles que lorsqu’elles reflètent et expriment dans le concret la réalité de la soumission et du respect que celle-ci rend à son mari. Telle est, dit Pierre, la véritable beauté d'une épouse. Qu’en ce temps de revendication féministe forte, les épouses chrétiennes en tirent toutes les leçons vitales pour leur témoignage dans la société et auprès de leurs maris !

2. Pour les maris


Pierre invite les maris chrétiens dans leur conduite envers leurs épouses à faire preuve de deux attitudes liées à une bénédiction

- 1ère attitude : la prise en compte par le mari du caractère plus fragile de la femme, si ce n’est sur le plan de la personnalité, au moins sur le plan physique. Au lieu d’exigences sans cesse renouvelées, l’apôtre incite le mari à être et se montrer un soutien à sa femme quant à la charge souvent grande qui pèse sur ses épaules : maîtresse de maison, mère, gérante des biens de la famille… Les maris chrétiens sont des témoins du Christ lorsque, au lieu de simplement voir tout ce que leurs épouses sont appelée à faire, ils se lèvent pour mettre la main à la pâte et les assistent dans toute la charge de travail qui pèse sur elle. Une attitude qui n’était pas forcément évidente en Orient !

- Seconde attitude : Pierre invite les maris chrétiens à faire preuve également de respect et d’honneur envers les épouses. Les épouses ne sont ni des servantes, ni simplement là pour satisfaire leurs désirs (ni putes, ni soumise ou serviles). Elles sont les aides, les collaboratrices, les amies, les confidentes, les vis-à-vis de leurs maris, données par Dieu pour vivre à tout niveau avec lui une relation de complicité, d'intimité et de partage. C’est dans cette perspective et ce cadre que se comprend et se vit le mieux pour l’épouse le commandement d’être soumise à son mari.

Que ce soit la femme ou le mari, ajoutons que le rôle de chacun n’est pas de surveiller l’autre pour voir s’il fait bien ce que Dieu attend de lui, mais plutôt de travailler chacun de son côté à obéir à ce que Dieu désire pour lui dans la relation qu’il a avec l’autre. Trop souvent en effet la femme se plaint de son mari, et vice-versa, pour le fait qu’il ou elle n’agit comme il le devrait envers l’autre, se servant ensuite de cette excuse pour, à son tour, ne plus chercher à faire sa part. Une telle attitude ne peut que renforcer les tensions et les dissensions. Que Dieu donne à chacun de nous, au contraire, de placer devant nos yeux ce qu’Il attend de nous et de nous préoccuper de nous y conformer. C’est là le secret de la paix, de l’unité et d’un amour qui, au fil du temps, ne peut que se renforcer !

Pierre conclut ses exhortations au mari et à la femme par une clause suspensive. Le fait que le mari n’honore pas sa femme ou ne la considère pas et que la femme n’honore pas son mari et lui soit rebelle n’est pas sans conséquence pour leur bonheur et leur relation avec Dieu. C’est de ses attitudes et de ce comportement l’un envers l’autre que dépend, dit Pierre, l’exaucement de leurs prières. Rappelons-nous, comme il en est d’ailleurs dans tous les autres domaines, que la bénédiction de Dieu sur un couple ou une famille est liée à des conditions concrètes, pratiques touchant à la vie et à la conduite.

Que Dieu nous donne ensemble la grâce d’être habités à la fois par la crainte de Son nom, l’humilité et le sens de nos responsabilités l’un envers l’autre !

lundi 14 septembre 2009

1 Pierre 2,13 à 25 : respect des autorités

Le respect des autorités


Toujours dans le cadre du témoignage à rendre à Dieu par notre conduite dans ce monde, l’apôtre Pierre formule ici les directives qui concernent les attitudes et le comportement qui doivent être ceux des saints vis-à-vis des autorités :

- sur le plan politique : les chrétiens sont appelés à une double attitude :

A l’égard du pouvoir le plus élevé : le roi (ou le président) : soumission et honneur. Pierre nous en donne la raison. Notre soumission envers les souverains humains n’est pas fonction de leur dignité. Elle relève d’une cause et d’une raison supérieure. C’est à cause du Seigneur, à qui nous ne voulons pas déplaire que nous ne comportons pas comme des rebelles dans ce monde, mais comme des citoyens respectueux de l’ordre. C’est pourquoi, en tant qu’enfants de Dieu, nous devrions être de ceux parmi les premiers à être reconnus comme des éléments de paix et de stabilité pour la société.

Au côté de la soumission, notons que Pierre a ajouté l’honneur, c’est-à-dire la reconnaissance de la dignité de la fonction qu’occupe le souverain. En un temps où, par la libération de l’expression personnelle, beaucoup manifestent ouvertement le mépris envers les autorités qui nous gouvernent et les ridiculisent, nous devons, en tant que chrétiens, être de ceux qui privilégient le respect et l’honneur à leur égard. Tout ce qui est comique n’est pas forcément compatible avec la vie chrétienne : cf Ephés 5,4.

Toute la recommandation de Pierre, notons-le aussi, s’inscrit dans le cadre d’une gouvernance juste, un régime dans lequel la justice et le bien sont défendus (car telle est la mission première des gouvernants), et l’injustice et le mal condamnés. Parce qu’il est d’abord soumis au Seigneur, qui est, Lui, le vrai promoteur du bien et de la justice, c’est toujours à Lui en premier que le chrétien manifestera son allégeance. Aussi peut-il arriver, comme cela s’est produit maintes fois dans l’histoire que, malgré sa volonté de soumission aux autorités, le chrétien soit amené à leur désobéir, celle-ci exigeant de sa part des choses qu'en conscience devant Dieu, il ne peut pratiquer. Bien que conservant le respect envers les personnes, sa fidélité à Dieu fera que, dans ce cas, à cause de la justice, il lui sera légitime de ne pas être soumis : cf Actes 4,18 à 20 ; 23,1 à 5.

Que Dieu nous donne la sagesse de discerner quand il convient de se soumettre et quand, à cause de Lui, il est juste de résister !

- sur le plan social, Pierre encourage les chrétiens employés par des maîtres à la même attitude qu’envers les autorités civiles : la soumission. Les limites de cette soumission, précise ici Pierre peut-être en réponse à des questions qui lui ont été posées à ce sujet ou à l’écoute de certains propos, ne se comprennent pas seulement à l’égard de maîtres bons et conciliants, mais englobent tous les cas de figure, y compris les maîtres exigeant, durs, difficiles, dotés d’un mauvais caractère. Comme il le fait aussi pour la soumission qu’il demande envers les autorités civiles (à cause du Seigneur), l’apôtre donne à ses lecteurs les raisons qui, à ses yeux, justifient cette attitude :

1ère raison : le poids de gloire que représente pour le croyant dans l’éternité la souffrance vécue ici-bas injustement pour le bien. Pierre rappelle que ce qui n’aura pas été reconnu et rétribué à sa juste valeur ici-bas le sera un jour par Dieu. Notre foi dans le triomphe final de la justice est le premier élément qui nous aide ainsi à supporter ici-bas l’injustice.

2ème raison : l’exemple même de Jésus. La Bible nous donne trois raisons d’imiter Jésus : Son humilité et Son esprit de service : Jean 13,1 à 17 ; l’engagement de Son amour pour nous : Ephés 5,2 ; Son attitude dans la souffrance et à l’égard de l’injustice : 1 Pierre 2,21 à 24. Quel est donc cet exemple ? Regardant l’attitude et le comportement de Jésus face à l’injustice dont il a été l’objet, Pierre fait ressortir de l’attitude de Jésus quatre pistes :

- le refus de l’autodéfense : Jésus ne cherchera pas à se justifier
- le refus de l’utilisation des armes de ses ennemis : insulté, il ne rendait pas l’insulte
- le choix du silence
- le choix de s’en remettre à la justice finale de Dieu, le Père !

De l’exemple de Jésus, Pierre tire enfin, en guise de conclusion, un principe pour notre instruction. Si Christ, face à l’injustice dont il était l’objet, a suivi cette voie qui, seule, Lui permettait d’être la victime innocente servant de sacrifice d’expiation pour nos péchés, ce n’est pas seulement pour notre salut qu’Il l’a fait, mais aussi pour que nous-mêmes, morts au péché par notre identification avec Lui, nous vivions pour la justice. En Lui et par Son exemple, nous avons la force de suivre cette voie royale de la foi, voie qui induit l’abandon de toute forme de défense personnelle pour notre justification ! Que Dieu nous donne d’être dans ce domaine si sensible de notre vie Ses imitateurs !

samedi 12 septembre 2009

1 Pierre 2,11-12 : Bonne conduite

Bonne conduite


Peuple de Dieu, c’est dans sa conduite que l’Eglise, montre ici Pierre, est appelée à manifester sa mise à part pour Lui. La conduite, en effet, est pour les non-croyants le seul moyen par lequel ils peuvent constater de visu la différence de statut et de vie qui caractérise l’appartenance à Dieu de l’Eglise. Aussi, si nous péchons de bien des manières, l’Ecriture prévoit-elle qu’une discipline particulière soit exercée dans l’Eglise pour les péchés de conduite : 1 Cor 5. Car si, dans leur conduite, les chrétiens ne se comportent pas mieux que les incroyants, l’Eglise, comme le sel sans saveur, devient inutile : Mat 5,13. Cette pensée étant chère à l’apôtre : 1,17, Pierre développe ici en quelques mots sur quels fondements repose le témoignage que les croyants sont appelés, par leur conduite, à rendre à Dieu, où se trouve, à ce sujet, le lieu du combat, et en vue de quel événement ce témoignage compte.

1. En ce qui concerne la conduite, deux paramètres déterminent la raison de la différence de comportement existant entre membres du peuple de Dieu et non membres :

. le peuple de Dieu est un peuple étranger au monde. S’il vit dans le monde, le monde n’est pas sa véritable patrie : Jean 17,15-16. Sa vraie patrie est au ciel : Hébr 11,13 à 16. C’est pourquoi, d’une certaine manière, les vrais croyants sont, en vertu de leur appartenance au Christ crucifié et rejeté par le monde, eux aussi crucifiés au monde, comme le monde l’est pour eux : Gal 6,14. Si les croyants n’ont pas à se retirer du monde (ce n’est pas la volonté de leur Maître qui a vécu dans le monde), ils doivent cependant se garder de ne pas s’assimiler totalement au monde en vivant selon ses principes, car ceux-ci sont, par nature, intrinsèquement contraires à Dieu : 1 Jean 2,15 à 17. Prenons ainsi note, en tant qu’étrangers dans ce monde, que ce n’est pas ce qui se passe, ce qui se fait ou ce qui se dit dans le monde qui est la norme de la conduite que nous adoptons, mais les lois, les paroles et les principes qui ont cours dans le royaume auquel nous appartenons sur le plan spirituel

. Le peuple de Dieu est un peuple d’exilés, un peuple voyageur, de passage sur cette terre. Contrairement aux gens de ce monde qui n’ont que leur vie sur terre comme horizon, l’au-delà leur étant fort peu certain, toute notre espérance de croyants est fixée sur l’héritage que Dieu nous a réservé dans les cieux : 1 Pier 1,3-4 : la vie dans la cité céleste avec Lui : Hébr 11,16. Dans son témoignage envers le monde, le peuple de Dieu appelé à rendre compte de son espérance, doit s’attacher à démontrer son détachement et la valeur toute relative qu’ont à ses yeux les biens et les plaisirs qu’offre ce monde. C’est en vertu de l’utilité nécessaire et non de la passion qu’il doit en user, pas plus : 1 Cor 7,29 à 31. Un principe que, dans l’aisance, nous sommes très rapidement prompts, malheureusement, à ne pas appliquer : cf Jac 4,13 à 5,1 ; Luc 12,13 à 21.

2. En ce qui concerne le lieu du combat où se joue notre témoignage, il est tout entier , nous dit Pierre, à l’intérieur de nous-mêmes, au niveau de notre âme (siège de nos pensées, nos sentiments, nos désirs). Car, c’est par la captivité de l’âme que le monde, au travers de la convoitise, amène le corps du croyant à pécher, à se comporter d’une manière contraire à Dieu, Sa Parole, Ses pensées. En effet, comme il en fut pour nos premiers parents, c’est par la convoitise, le désir de posséder quelque chose que nous n’avons pas, que le monde, encore et toujours, cherche à conquérir le cœur du croyant pour l’amener dans les actes à pécher contre Dieu : Genèse 3,5 ; Jac 1,14-15 ; 1 Jean 2,15 à 17, ce qui, immanquablement, annihile son témoignage d’enfant de Dieu. Loin d’être ponctuel, ce combat, dit Pierre, est une guerre incessante qui oblige le chrétien à ne jamais poser les armes : cf Juges 7,6-7, mais à veiller et prier constamment : Mat 26,41.

Le péché nous enveloppant naturellement si facilement, que Dieu nous donne de garder les yeux de notre foi et de notre esprit constamment fixés sur Jésus : Hébr 12,1-2.

3. En ce qui concerne la fin pour laquelle le témoignage rendu à Dieu par notre bonne conduite est primordial pour Lui, Pierre nous amène à porter nos regards sur le jour du jugement, jour qu’il désigne ici comme celui de Sa visite ou de Son intervention. Si Dieu jugera le monde, c’est d’abord et surtout, rappelle Jésus, en raison de son incrédulité et de son rejet à l’égard de Celui qu’Il a envoyé pour leur salut : Jean 3,17 à 19. Certains n’ayant pas connu directement Jésus pourraient être amenés, à l’écoute de ce critère, à taxer Dieu d’injustice à leur égard. ! Car qui sait, s’ils L’avaient vu vivre, s’ils avaient entendu Ses paroles, s’ils ne se seraient pas convertis et détournés de leurs péchés. Dieu, dit ici Pierre, répondra à cet argument par un fait : certes, beaucoup de personnes dans ce monde n’auront pas connu Jésus de visu, mais elles auront côtoyé Ses disciples. Elles auront vu leurs vies, leur bonne conduite, entendu leur témoignage. Elles auront donc eu sous leurs yeux un aperçu de ce que cela signifiait d’être chrétien. C’est en connaissance de cause qu’elles auront fait leur choix, soit de Le suivre, soit de Le rejeter.

Si notre conduite dans ce monde est importante, c’est qu’elle servira, entre autre à Dieu comme élément à charge de poids dans la condamnation qui atteindra les réprouvés : Mat 10,40 ; Luc 10,16 ; Jean 13,20. Que Dieu nous donne, par notre conduite, d’être des témoins irréprochables de Christ.

jeudi 10 septembre 2009

1 Pierre 2,9 et 10 : identité des élus

Identité des élus




Maison de Dieu, l’Eglise porte aussi, dit ici Pierre, toutes les caractéristiques du peuple de Dieu.. Par Jésus-Christ, elle est :



- une lignée choisie ou une race élue, comme l’a été Israël avant elle : Deut 4,20

- un sacerdoce royal : terme qui nous rappelle qu’au temps de Moïse, Dieu avait interdit aux israélites de laisser l’un des leurs devenir esclaves pour toujours. Ce n’est pas à ce destin, mais un autre plus élevé que Dieu avait prévu pour les siens : Lévitique 25,39 à 42.

- Une nation sainte, un peuple mis à part destiné à manifester par sa vie est ses actes son appartenance à Dieu, comme Israël le devait aussi : Lévitique 11,44-45

- U n peuple que Dieu s’est acquis au prix du sang de Son Fils (Son propre sang) : Actes 20,28, tout comme autrefois Israël racheté par le sang de l’agneau : Exode 13,8 à 16



A la lecture de ce que dit Pierre s’adressant à des chrétiens juifs, il apparaît que toutes les missions spirituelles qui étaient celles d’Israël, peuple élu appelé à être témoin dans le monde des hauts faits de Dieu, reviennent aussi maintenant à l’Eglise, peuple racheté par grâce ! Que Dieu nous donne d’entrer pleinement dans la vocation qui est la nôtre !